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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 14:46

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Centrafrique : la 50ème opération de brigandage contre les peuples africains

 

Avec l’opération « Sangaris » en Centrafrique, la France mène actuellement en Afrique sa 50 ème intervention depuis les « indépendances » octroyées dans les années 1960. Le jeudi 5 décembre 2013, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 2172, rédigée intégralement par la France, pour une nouvelle intervention dans la République Centrafricaine (RCA). Officiellement, la France appuie ponctuellement les forces de la MISCA, 6000 hommes de l’Union Africaine (en fait uniquement des soldats des semis-colonies françaises : Tchad, Gabon, Congo-Brazzaville, Cameroun). Officiellement encore, l’opération a lieu pour empêcher préventivement un « génocide ». La situation actuelle est bien issue d’un conflit politique qui tourne au massacre inter-religieux. Mais pourquoi les autorités françaises impliquées dès le début de la tragédie dégoulinent-elles maintenant de tant d’humanisme ?

 

 

En fait, après avoir abandonné à son sort l’ex-président Bozizé, putchiste soutenu jusqu’alors mais coupable d’avoir signé des accords économiques avec la Chine, la France va tenter de réorganiser sa semi-colonie, rétablir un semblant d’ordre pour laisser ses affairistes agir et renforcer ses bases militaires permanentes. Cette semaine le président centrafricain, Michel Djotodia, mis au pouvoir par la coalition Séléka,  a été démissionné par son mentor, le Tchadien, Idriss Déby, qui a soutenu militairement la France au Mali et qui conforte ainsi son ascendant dans la région. Tout cela, avant que ne soit installé un nouveau président fantoche. La France impérialiste se trouve à l’origine du drame humain épouvantable que vivent les Centrafricains (elle a organisé les accords entre la Séléka et le clan Bozizé suite à une première guerre civile)  mais dans le chaos ambiant elle peut encore se présenter comme un recours. Comme tous les pompiers pyromanes, la France impérialiste fait partie du problème et prétend néanmoins être la solution.

 

Sangaris suit la logique des 49 précédentes opérations militaires. Malgré son prétexte humanitaire, cette intervention dans une des semi-colonies les plus liées à la France constitue une opération de brigandage international sous mandat onusien. Loin de la protection de populations martyrisées par les milices Séléka et anti-balaka (anti-machettes), l’enjeu central est le pillage des ressources à l’heure où le concurrent chinois inquiète les impérialismes français et yankee. Sur la scène « intérieure », Il est remarquable que les principales forces politiques du régime capitaliste en France, du Parti de Gauche de JL Mélenchon au Front national de Marine Le Pen, soutiennent unanimement une intervention impérialiste qui doit à leurs yeux servir les « intérêts nationaux ».

 

 

 

 

Une semi-colonie sous tutelle

 

Historiquement, la Centrafrique, ex-colonie d’Oubangui-Chari, est connue en France à travers deux faits qui résument assez bien les relations de domination coloniale ou néo-coloniale. La Centrafrique représente d’abord cette nuit coloniale, du travail forcé et de la schlague. En 1927, dans son célèbre livre Voyage au Congo André Gide a fait connaître les horreurs de la colonisation en évoquant justement les grandes forêts de l’actuelle RCA (République Centrafricaine). Son livre pourtant très modéré fait scandale à une époque où l’on chantait partout les louanges de la « mission civilisatrice »  menée par la France depuis le partage de l’Afrique entre puissances européennes en 1885 à la Conférence Berlin. A l’approche de Bangui, en remontant le fleuve Congo jusqu’au la Tchad, Gide remarque l’effroyable exploitation d’une population démunie livrée aux compagnies concessionnaires forestières qui la brutalise sans vergogne avec l’aval et souvent l’implication directe de l’administration française. Le second fait connu en France concerne à la fin des années 1970 le règne du sergent Bokassa qui s’est alors intronisé empereur. Bokassa est à l’origine un soldat de l’armée coloniale française engagé en Indochine et en Algérie. On sait que ce pantin mégalomane est à l’origine de l’affaire dite des « diamants de Bokassa », un scandale qui empoisonna la fin du mandat du président V. Giscard d’Estaing. Mais en septembre 1979, le servile Bokassa est tout de même renversé par « l’opération Barracuda » organisée par la France qui lui reproche son rapprochement avec Kadhafi. Dans ce pays la France fait la pluie et le beau temps en RCA en destituant successivement les présidents-laquais qu’elle a mis en place.

La mise sous tutelle quasi complète de ce pays a abouti à la situation actuelle. Elle a permis la constitution de grandes fortunes comme celle de la famille de Bernard Henry-Lévy ou celle des Giscard d’Estaing. Elle a aussi abouti à faire de ce pays riche en ressources minières un des 5 plus pauvres de la planète. Odile Tobner écrivait le 6 décembre 2013 à ce propos sur le site de l’association Survie : « Avec moins de cinq millions d’habitants la Centrafrique est aujourd’hui un pays sans routes, sans hôpitaux, sans écoles, sans eau potable, sans électricité. Soixante-dix pour cent de la population, abandonnée à elle-même, se trouve au-dessous du seuil de pauvreté et souffre de malnutrition ; le taux de mortalité à l’âge de cinq ans est de 220 pour mille et l’espérance de vie est de 44 ans. La moitié des habitants sont analphabètes. Tel est le triste bilan des régimes qui se sont succédé, tous sous une étroite dépendance de Paris. L’État-fantôme ne contrôle pas l’exploitation des ressources, bois, diamant, dont une grande partie fuit en contrebande vers les pays voisins. »

 

Les enjeux d’une nouvelle ruée sur l’Afrique

F.Hollande a affirmé que l’intervention en Centrafrique était purement humanitaire : « les Français doivent être fiers d’intervenir quelque part sans intérêts ». Il suffit de lire le site officiel du ministère des affaires étrangères pour réfuter ce gros bobard. Ce ministère ne cache pas sa brutale avidité : « En dépit de l’instabilité politique et des risques sécuritaires, Air France, Bolloré (logistique et transport fluvial), Castel (boissons et sucre), Total (stockage et distribution des produits pétroliers), CFAO (distribution automobile) ont maintenu leurs implantations en RCA. L’arrivée en 2007 de France Télécom dans la téléphonie mobile marque un certain intérêt des investisseurs français. Les pillages consécutifs à la prise de Bangui par les rebelles le 24 mars ont fortement perturbé l’activité des entreprises françaises ».La Centrafrique n’est pas un pays qui produit énormément de richesses à part les diamants et l’or mais son sous-sol est riche en beauxite et en uranium. On a trouvé récemment au nord des gisements de pétrole. L’ex-président Bozizé a commis un crime de lèse majesté en signant des accords de prospection pétrolière avec le géant chinois CNPC et en négociant la filière diamantaire avec l’Afrique du sud. Il a donc été lâché par son mentor français.

Il faut inscrire cette prédation des ressources dans un cadre plus large et plus stratégique qui ne s’embarrasse pas de propos « humanitaires ». Face à la montée de l’impérialisme chinois et de ce que l’on nomme les « puissances émergentes », les stratèges impérialistes français prévoient qu’une nouvelle ruée sur l’Afrique est désormais nécessaire. Le document du ministère français de la Défense, Horizons stratégiques, affirme que dans les années qui viennent l’armée française devra faire face au radicalisme religieux et au tribalisme mais aussi que « les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux ». Le danger vient d’une baisse d’influence française : « L’amoindrissement de la part relative de l’Europe en tant que principal fournisseur d’aide publique au développement est susceptible d’affecter le tropisme européen des pays d’Afrique subsaharienne au profit des puissances émergentes majeures. » Dans le même document on prévoit le type de guerres à venir : « La rupture du tabou de l’intangibilité des frontières pourrait avoir des effets en cascade sur l’ensemble du continent, voire au-delà. » De nouvelles interventions auront lieu « résultant de l’incapacité des États à contrôler leur territoire, la multiplication des “zones grises”, concentrant groupes criminels et groupes rebelles, pourrait nécessiter des interventions occidentales (…) L’Afrique restera une zone de convoitises et de confrontations potentielles et une zone stratégique prioritaire pour la France »

Début décembre à Paris se sont tenu coup sur coup un grand forum France-Afrique (qui a réuni mercredi 4 décembre près de 600 patrons à Bercy au Ministère de l’économie) et un sommet politique France-Afrique à l’Elysée axé sur la «paix et la  sécurité » (dans lequel Hollande a annoncé la formation de 20000 soldats africains par la France). Hubert Védrine, ancien ministre de Mitterand et éminence grise de l’impérialisme français a remis un rapport dans le quel il affirme que « L’Afrique peut devenir le nouvel 'Eldorado' de la France ». Il déclare : «  J’ai accepté cette mission parce que l’idée était originale : se concentrer exclusivement sur la dimension économique de cette relation si passionnelle entre la France et l’Afrique. Autrement dit, l’originalité du groupe de travail, que Pierre Moscovici a eu le mérite de constituer, réside justement dans les sujets qu’il n’aborde pas, le passé, le néocolonialisme... Les Africains étaient très demandeurs, eux qui nous reprochent souvent de nous perdre dans des débats sans fin sur la Françafrique, alors que tout cela est derrière nousSavez-vous que, depuis plus dix dans, la croissance économique du continent se situe juste derrière celle de l’Asie ? Elle a été en moyenne de 5% par an et devrait atteindre 6,4% l’an prochain ! Même si elle ne représente encore que 2% du commerce mondial, l’Afrique a connu la plus forte croissancedans les échanges internationaux entre 2000 et 2011. C’est le continent qui épargne le plus après l’Asie : les réserves de change y sont estimées à 500 milliards de dollars»

Le message du rapport Védrine est clair. Il reprend l’essentiel du document du ministère de la Défense Horizons stratégiques mais traduit dans un langage économique. Face à la « fin de l’hégémonie occidentale » l’impérialisme français se doit réagir pour contrer une tendance qui lui est défavorable. Dans son interview H.Védrine ajoute : « Entre 2000 et 2011, la part de marché des entreprises au Sud du Sahara a baissé de 10% à moins de 5%, même si en valeur les exportations françaises ont doublé. C’est qu’entre-temps la Chine s’est activée. Sa part de marché sur le continent est passée de moins de 2% en 1990 à plus de 16% en 2011, tandis que nombreux autres pays, comme l’Inde, les Etats-Unis ou le Brésil, ont intensifié leurs liens avec l’Afrique. » Ces chiffres alarment les stratèges de l’impérialisme français même si les investissements directs sont toujours à l’avantage de la France. Fin 2011, la valeur cumulée des investissements en Afrique s’échelonnait ainsi : la France possède 58 milliards de dollars, les États-Unis 57, la Grande-Bretagne 48, la Malaisie 19, l’Afrique du Sud 18, puis viennent seulement la Chine avec 16 milliards et l’Inde avec 14 milliards.

La traduction du regain d’intérêt de la France pour l’Afrique s’écrit en lettres de sang sur le dos des peuples dominés.  Chaque guerre récente comme celle de la Côte d’Ivoire en 2010, de la Libye en 2012, du Mali en 2013 renforce une dépendance humiliante et affaiblissent les peuples et Etats africains. Les pays « sauvés » s’enfoncent inexorablement. Après avoir laissé agir et avoir soutenu la coalition Séléka pour le renversement de Bozizé, la France impérialiste change de camp. Les apprentis sorciers participent en premier chef au chaos. La France impérialiste n’est pas l’avenir de l’Afrique.

Troupes françaises hors d’Afrique !

A bas l’impérialisme français !

Comité Anti-Impérialiste, le 11 janvier 2013

 


 

 

 

 

Délégation aux affaires stratégiques, Horizons stratégiques, ministère de la Défense, 5 août 2013.

Interview sur le site Le Nouvelobs.fr le 03 décembre 2013

Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (UN Conference on Trade and Development, UNCTAD), The Rise of BRICS FDI and Africa, 25 mars 2013.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 20:36
Compte rendu de la projection débat sur le Mali:

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Le 04 avril 2013, une quarantaine d'étudiants se sont rassemblées dans l'amphi C1 de l'université de Nanterre pour regarder le film "Mali d'or" sur l'exploitation de l'or au Mali et pour participer à un débat sur l'intervention française.

Le documentaire nous a permis de nous plonger dans la réalité locale du Mali. Et d'introduire le débat en ayant survolé différents aspects de la situation malienne soumise à l'impérialisme français :

Le pillage des richesses par les multi-nationales comme la filiale de Bouygue, Somatex.
L'exploitation accrue des travailleurs et l'expropriation des terres des petits paysans.
La corruption de la bourgeoisie locale soumises aux intérêts de l'impérialisme (multi-nationales et institutions internationales: FMI BM) et le démantèlement de l'Etat malien.
La pollution des terres au cyanure par l'exploitation rapide et non contrôlée de l'or.
La répression des leaders syndicaux et des grévistes par la prison ferme.

Et encore: 
Le rôle des ONG humanitaires comme maillon de cette exploitation.
L'instrumentalisation de la religion et des croyances locales pour s'assurer la main mise des exploitants. 
Le rôle des femmes dans la grève des mineurs.
La trahison de la direction nationale du syndicat achetée par les mines.

Ensuite, le débat fut riche et animé. En dépassant le clivage "pour ou contre" l'intervention, nous avons dénoncé ses raisons profondes. La question principale qui est apparu fut: "Que pouvons nous faire?", dans cette période où le pessimisme domine et le capitalisme semble tout puissant...
 La renaissance d'un mouvement anti impérialiste est apparu comme une urgente nécessité pour pouvoir dépasser les choix imposés par les impérialistes ("Islamisme ou intervention impérialiste ?"). Nous aspirons à un autre idéal : celui de la dignité pour les peuples et de la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme. 

Nous devons commencer par nous ré-organiser. 
Rejoignez le comité anti impérialiste! 
Vive la lutte des peuples opprimés contre l'impérialisme et ses valets!

Le film "Mali d'or":

http://www.zintv.org/Mali-d-or-un-film-d-Eric-Pauporte

 


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Intervention du comité anti impérialiste

pour la projection/débat du 04 avril 2013 à l'université de Nanterre.

Mali, libération ou guerre impérialiste?

Face au consensus ambiant pour l'intervention militaire de l'ancienne puissance coloniale au Mali, censée chasser la barbarie islamiste au nom de la civilisation, il nous semble important de rappeler quelques réalités. Pour nous, il ne peut y avoir de libération pour le peuple Malien par cette intervention des "pompiers-pyromanes", qui cherche à garder leur main-mise sur la région. Une guerre impérialiste ne peut jamais être un salut émancipateur même si les islamistes sont un fléau réel.  L'idée n'est pas de centrer le débat "pour ou contre" l'intervention mais de comprendre ses raisons profondes ainsi que ce qu'est une véritable libération pour les peuples opprimés.


D'abord il est important de comprendre que si l'armée malienne était incapable de se défendre c'est que l'Etat Malien était dans une situation de décomposition financière liée à sa position d'Etat dominé et soumis au néocolonialisme et à l'impérialisme français. Les plans de restructuration du FMI et le pois d'une dette illégitime, sans compter la monnaie, le "franc CFA" géré par la banque de France, ont poussé sa bourgeoisie compradore (la bourgeoisie locale corrompue au service des puissances et des multi-nationales) à des coupes drastiques dans l'armée mais aussi dans les universités et la fonction publique en générale. Ce qui poussa et permis à une bande de militaires d'aller au putsch, ce qui affaiblit encore plus le pays. Cette politique d'austérité imposé par le FMI et la BM et la misère qu'elle engendre est le terrain fertile du fascisme religieux. Loin de l'aider, la France à bloqué ses aides et a laissé pourrir la situation. Suite au putsch, sous la pression de la CEDEAO dirigé par Alassane Ouatara (installé également avec l'appui militaire de la France), les armes commandées à destinations des militaires Maliens sont restées bloquées dans les ports Sénégalais et Guinéens de Dakar et de Conakry (Etats alliés de la France)...


 Autre élément révélateur : combattre les islamistes n'est qu'un prétexte pour la France, sinon pourquoi soutenir et financer l'armement des islamistes en Syrie (Armée Syrienne Libre) pour faire tomber le régime de Bashar Al-Assad ? En Syrie, ce qui était un soulèvement populaire contre un tyran s'est transformé en guerre sainte contre les Alaouites et les autres minorités. Parce que les puissances voulaient détruire un Etat non aligné, ils n'ont pas hésité à laisser armer des "terroristes" et à les soutenir... Ce sont donc les Etats impérialistes qui fomentent ces guerres, et leurs réactions en chaîne. Et ce n'est JAMAIS dans l'intérêt des peuples. À la base, les islamistes ont été armés par les capitalistes, pour combattre les communistes et la pensée révolutionnaire. Leur frange "modérée" sont aujourd'hui les garants de la contre-révolution arabe. Et les retours de bâtons causés par les groupes fanatiques servent désormais de prétexte pour des guerres de pillage et pour réinstaller des bases militaires au quatre coins du monde. Ansar Dine et AQMI sont justement financés par le Qatar et l'Arabie Saoudite, alliés de la France et des Etats-Unis. Ces états pratiquent également des charias tant dénoncés par nos va-t-en guerre. Les différentes puissances en crise et leurs groupes vassaux stratégiques se battent pour se partager les richesses locales. Pourquoi rien n'est-il dit contre les financements Qataris et Saoudiens? Peut-être parce que Hollande prévoit de leurs vendre 60 avions rafales... Ce sont les islamistes les alliés des intérêts l'impérialiste. Là où ils sont au pouvoir ils ne remettent jamais en cause les plans imposés par le FMI et le pillage des richesses. Leurs visions raciste du monde peut, à la limite, menacer les patrons blancs locaux des mines et autres entreprises mais rien ne changera quand à l'exploitation impérialiste des richesses.


 Ensuite il faut comprendre que si les islamistes ont pris des forces dans la région sahélienne, c'est à cause de la précédente intervention en Lybie pour, soi-disant, sauver  la révolte de Benghazi (pendant que d'autres états également islamistes massacraient à Bahreim ou en Turquie).  Nos états impérialistes (UE, EU) qui interviennent au nom de la civilisation, sont avant tout des grands marchands d'armes, et larguer des échantillons en Lybie pour faire tomber Kadhafi a permis d'armer et de renforcer les islamistes dans la région. En fait, ces interventions entraînent des réactions en chaîne dangereuses mais qui à terme produisent des profits colossaux à certaines multi-nationales notamment de l'armement et à la ruine pour les peuples. Ces guerres sont intimement liées à la crise du système que connaît les puissances impérialistes, c'est une manière de relancer les profits des grandes bourgeoisies, des actionnaires, et de ruiner encore plus les états et les acquis sociaux.


Il faut également prendre note que rares sont les interventions militaires des puissances impérialistes, censées éradiquer le terrorisme, qui sont parvenus à leurs fins. En Afghanistan, le nouvel état fantoche mis en place par les USA négociera bientôt avec les Talibans. Au contraire, ces interventions ont eu tendance à renforcer les positions racistes et fanatiques entre les communautés et ethnies, comme en Irak où le pays est devenu un triste tombeau de la guerre inter-minorités. Ce racisme et les animosités inter-ethniques pourrait s'accentuer dans la région Sahélienne.

Ces interventions ont surtout permis de stabiliser des gouvernements vassalisés assurant le pillage économique. Comme il sera impossible d'éradiquer ces mouvements fanatiques la France et ses alliés devront rester longtemps dans la région ce qui assurera la main mise sur les ressources et sur les gouvernements successifs face à la montée de la concurrence des autres puissances : Etat-Unis et Chine notamment.  Enfin, si les fanatiques islamistes n'ont pas les capacités d'affronter l'armée françaises, ils utiliseront encore les attentats-suicides et pourraient même venir se faire exploser ici au cœur de Paris.


Enfin, nous savons que si la France intervient c'est principalement pour défendre et contrôler l'uranium (également présent sur le territoire Malien) et l'or de la région, maintenant menacés au profit des Américains via les islamistes pro-Qatar. Sur le territoire Malien, AREVA veut obtenir l’exploitation des quelques 5000 tonnes d’uranium de Falea à 350 kilomètres de Bamako. Et il existe huit mines d'or en cours d'exploitation. Au Niger à coté, AREVA prévoit d'ouvrir la deuxième plus grande mine d'Uranium du monde. Il ne s'agit donc pas d'une guerre de solidarité internationale mais d'une guerre pour la liberté...de piller l'or et l'uranium de la région. Matières extraites par la sueur et la mort des populations locales (exploitation, endettement, maladies liées à la pollution par les produits d'extraction, comme nous le montre très bien le film d'Eric Pauporté "Mali d'or"). Combattre notre propre capitalisme passe par combattre cette propagande et ces guerres impérialistes de soumission tous comme le système qui les génèrent. Dans un système capitaliste/impérialiste l'Etat ne peut être qu'un serviteur des intérêts des grands trusts et de la grande bourgeoisie (des banques, des multi-nationales des armes, du pétrole ou du nucléaire).


L'absence de perspectives au Mali face aux islamistes semble justifier cette intervention. Mais c'est cette absence de perspective et l'image d'une France qui sauve l'Afrique qui fait perdurer et intérioriser aux peuples Africains leur statut de dominés, "incapable de gérer leurs propres affaires". Faire appel à ses propres oppresseur est la pire des solutions et des humiliations pour le peuple Malien. Une telle intervention ne permettra pas au Mali de sortir de sa souffrance. C'est au peuple Malien, à tout les héritiers de Modibo Keita et de Thomas Sankara de libérer le Mali et l'Afrique des mains de l'impérialisme et surtout des mains des bourgeoisies compradores locales. 


Quelle libération?


L'histoire nous a désormais appris que la décolonisation formelle accordée par la générosité du colon, qui a consisté à remettre l'administration à une bourgeoisie locale compradore et à maintenir les circuits économiques de la colonisation, n'ont permis aucune émancipation pour les peuples africains. Cette histoire nous a également appris que les expériences d'indépendance nationale bourgeoise n'ont pas permis non plus d'avancer durable pour les peuples. Même si celles ci se prétendaient socialistes (à l'époque la pression des luttes étaient telles que les bourgeoisies nationalistes étaient obligées de se dire socialistes). Le combat contre l'impérialisme est également un combat de luttes de classes. Nier cet aspect est l'erreur qui a en fait, permis aux bourgeoisies nationales de renouer et de ré-ouvrir les liens et circuits économiques avec des bourgeoisies impérialistes et les grands trusts, à abandonner le peuple à son sort et à laisser des failles pour des coups d'État (car elles étaient également incapable de voir qu'il existe une lutte entre différents types de bourgeoisies plus corrompues que d'autres). Comme celui de Modibo Keita au Mali par Moussa Traoré le 19 novembre 1968 avec le soutien de la France. Alors que Modibo Keita tentait de créer une monnaie nationale contre le franc CFA. Ces bourgeoisie locales corrompues, soumise à l'impérialisme, ont ensuite été obligées d'ériger des dictatures pour se protéger du peuple (comme Ben Ali en tunisie et des centaines d'autres)... Même si certains nationalistes avaient, certes, des visées social-démocrates de redistribution pour le peuple et de création d'infra-structures, le nationalisme bourgeois et l'anti communisme n'a pas pu empêcher le passage au néocolonialisme.


 Il ne suffit donc pas de redistribuer une part du pétrole au peuple comme Chavez ou de s'opposer un temps à la domination d'une puissance impérialiste comme un Bagbo, un Kadhafi, ou un Bashar Al-Assad pour être anti-impérialiste. Il faut lutter pour une révolution qui réorganise l'ensemble de la production dans les intérêts du peuple et que le prolétariat (les travailleurs dépossédés) prenne part à cette organisation en écartant la bourgeoisie impérialiste, compradore et aussi à terme la bourgeoisie nationale. Nous pensons que c'est seulement ainsi, en passant par une révolution de nouvelle démocratie (théorisée par Mao) que les peuples opprimés trouveront leur salut. Les peuples les plus avancés dans cette voie sont d'ailleurs des milliers à mener des guerres populaires anti impérialistes, armes à la main, en Inde et aux Philippines.


Il existe également des voix qui s'élèvent au Mali et en Afrique contre ces interventions et la domination impérialiste nous devons les relayer et les soutenir ici, tout en menant notre propre combat contre l'impérialisme Français!


A bas les guerres impérialistes! A bas la domination néocoloniale!


Vive les luttes des peuples opprimés contre l'impérialisme et ses valets!


Nous vaincrons!


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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:23

 

MALI : Libération ou guerre impérialiste ?

Projection du film « MALI D’OR »

Le 7 janvier 2013, François Hollande prend la décision d’intervenir militairement au Mali prétextant la lutte contre le terrorisme et l’islamisme. Ce discours est le même tenu depuis des décennies pour légitimer toutes les interventions de l’impérialisme. Le film que nous projetons nous permet de comprendre certaines des véritables raisons de cette intervention.

L’Afrique de l’ouest regorge de richesses (or au Mali ; uranium au Niger) détenues par des compagnies françaises et d’autres puissances. La production d’or au Mali a progressé de 15% durant l’année 2012, en dépit de la crise. C’est l’exploitation acharnée des hommes et des ressources que dénonce ce documentaire réalisé par Eric Pauporté. Ce film nous apporte un éclairage sur le pillage du Mali par les multinationales. Loin du discours dominant sur les visées « humanistes » de l’intervention française ce film nous incite à réfléchir sur cette guerre menée au peuple malien.

Ce documentaire "MALI D’OR", fut tourné en 2005 à Morila (ville minière ; photo ci dessous) à l'occasion d'un chantier-forum humanitaire. Mais là, ce fut une grève des mineurs qui les attendait...

PROJECTION SUIVIE D’UN DEBAT

JEUDI 04 AVRIL 2013

17H30 amphi C1 Bât C

Nanterre université – RER A

Comité anti-impérialiste Local F307

anti.imperialiste@gmail.com

 

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:41
l'impérialisme 3guerres 1..
Vendredi 11 janvier, une intervention française au Mali, baptisée « opération Serval », a été lancée. Chacun a pu en voir les premières images et apprendre la mort au combat de l’officier français Damien Boiteux, membre des forces spéciales[1]. Selon les déclarations de F. Hollande, président de l’Impérialisme Français, cette guerre est justifiée car  il s’agit  de « sauvegarder un pays ami » et de combattre le « terrorisme ». La quasi-totalité des partis politiques a applaudi l’initiative. Comme souvent, les guerres de la France en Afrique consacrent l’Union Sacrée drapée sous les plis du drapeau national.

Pourtant, les pays occidentaux avaient d’abord juré durant des mois qu’ils n’enverraient pas de troupes au sol. Il y a quelques mois, cette mission au Nord-Mali avait même été proposée au Maroc, en sous-traitance, en échange de l’effacement de sa dette militaire. Mais, l’occasion d’intervenir directement a été saisie par les forces françaises et dans une moindre mesure allemandes et anglaises. Une colonne d’une coalition de djihadistes et d’indépendantistes touaregs avançait vers la ville malienne de Mopti, un des derniers verrous sur la route de la capitale Bamako. Cette coalition regroupe Ansar Eddine, Aqmi, Mujao, qui avec le MNLA, contrôle le Nord du pays depuis 10 mois. La colonne  « qui met en cause l'existence même du Mali » est composée de 1000 hommes armés et d’une centaine de 4x4 selon J. M Merchet, journaliste à Marianne et itélé, spécialiste de la Défense.

Les partisans de l’intervention avancent des arguments nobles. Face à l’horreur des mains coupées,  face à la barbarie des viols collectifs pour refus de mariage avec un « djihadiste », face à la lapidation des couples non mariés, face à la destruction des mausolées de Tombouctou, une intervention armée pourrait sembler salutaire à beaucoup. Mais cette guerre n’est pas une guerre juste. C’est une guerre réactionnaire. C’est une guerre impérialiste. Elle peut transformer la région en enfer pour les peuples comme c’est le cas au Moyen-Orient. Elle ne servira pas le peuple malien ni les peuples de la sous-région ouest-africaine. Elle servira le capitalisme français et ses sous-préfets africains et elle renforcera l’islam politique à visage barbare.

Le rôle de notre Comité Anti-Impérialiste est en premier lieu de combattre les mensonges de guerre de notre propre pays. Aujourd’hui, le grand désarroi des populations maliennes, leurs aspirations légitimes à se débarrasser de la barbarie mais aussi l’extrême vulnérabilité d’un Etat malien en décomposition permettent de faire gober n’importe quoi. La bonne conscience impérialiste fait consensus national et dégouline de partout. Les médias vont couvrir avec excitation les opérations éblouissantes  de « bombardements de choc » et de « frappes chirurgicales » en expurgeant docilement les images gênantes. Mais, la vérité c’est que le Mali ne sera pas libéré de la terreur des fondamentalistes par cette intervention. Les interventions impérialistes faites au nom du combat « contre la terreur islamiste » ont toutes abouti à le renforcer. Les précédents de l’Irak et de  l’Afghanistan et les résultats de la « guerre contre la terreur » devraient vacciner définitivement ceux qui pensent qu’une première « victoire » des impérialistes sera gage de paix civile. Les grands barnums militaires de la démocratie capitaliste renforcent les courants les plus réactionnaires tout en piétinant la dignité des peuples.

Qui sont les « ennemis » au Mali ? Selon le discours de la guerre antiterroriste il s’agit des « terroristes », c’est-à-dire d’Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) ou sa dissidence le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Pourtant ces groupes fanatiques sont aujourd’hui liés à des mouvements qui ont un réel ancrage dans les populations locales : Ansar Eddine qui revendique aussi l’instauration d’un régime de l’Islam politique au Mali et d’autre part le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) qui est séparatiste touareg. Dans cette situation complexe, la guerre sera indifférenciée et les racines de la rébellion touareg resteront. De nombreux Maliens veulent à juste titre en finir avec ces forces rétrogrades. Mais miser sur l’intervention des puissances impérialistes c’est creuser son propre tombeau.

En dix mois, le Mali s’est vu amputé de 2/3 de son territoire avec une imposition de la charia. Pourquoi cet effondrement si subit? Il faut comprendre que le Mali paye la note de la guerre impérialiste en Libye et des stratégies impérialistes de contrôle du sous-sol sahélien.

La guerre en Libye a transformé ce qui devait être la protection de la ville de Benghazi en renversement du régime libyen, suivi de la mise mort de Khadafi. Ce viol de la résolution 1973 du Conseil de sécurité s’est réalisé par une alliance entre des mercenaires de « l’islam radical », de l’OTAN et des pétromonarchies (Qatar en tête). Ces mercenaires ont ensuite rejoint les séparatistes touaregs avec un arsenal issu de la guerre en Libye. Les forces qui déstabilisent le Mali ont donc été armées par la France ou par ses alliés. Le Qatar par exemple, que les autorités françaises veulent étrangement intégrer à l’Organisation de la Francophonie, est le sponsor officiel d’Ansar Eddine. Les coupeurs de mains sont financés par le patron du PSG comme l’a révélé le journaliste Claude Angéli du Canard Enchaîné. De son côté, l’Etat malien est dirigé par une clique bourgeoise véreuse, corrompue et compradore. Elle n’a pu aligner qu’une armée de pacotille, spécialiste des putschs à répétition et des débâcles. En 2012, l’aide extérieure a été supprimée grevant le budget de 429 milliards de francs CFA et créant un drame économique. Les autorités maliennes ont été sommées d’accepter l’intervention militaire pour que l’aide reprenne. Finalement, le président par intérim, Dioncounda Traoré, symbolise bien l’humiliation nationale en mendiant une intervention française. Le Mali de Modibo Keïta, qui depuis 1960 a toujours refusé l’installation d’une base militaire française à Mopti, va se retrouver sous contrôle total de l’ancienne puissance coloniale.

Le contrôle du sous-sol malien et régional est le second aspect à comprendre. Le Mali n’est pas un « Etat ami » de l’impérialisme français contrairement à ce que dit F. Hollande, c’est un Etat vassalisé. Un Etat dont les relations monétaires sont gérées par la Banque de France.  Les rapports France-Mali sont toujours ceux qui existent entre le prédateur et la proie. La région regorge de gisements d’uranium et d’or. F. Hollande ment lorsqu’il dit que la guerre n’a pas « d’autre intérêt et d’autre but que la lutte contre le terrorisme » (déclaration du dimanche 13 janvier). Pourquoi cacher les intérêts économiques et stratégiques français dans cette affaire ? Areva est le groupe nucléaire spécialiste de l’extraction de l’uranium et il gère les immenses mines du Niger. Cette multinationale bataille depuis plusieurs mois pour obtenir l’exploitation du minerai de Faléa à 350 kilomètres de Bamako. Les experts en énergie de la société internationale Golder Associate indiquent que « le Mali offre un environnement de classe mondiale pour l’exploitation d’uranium ». Les entreprises canadiennes Rockgate et française Foraco s’occupent  actuellement des forages. La France semble donc bien engagée sur le dossier de l’uranium malien. D’ailleurs, son ambassadeur au Mali, Christian Rouyer, déclarait il y a quelques mois qu’ « Areva sera le futur exploitant de la mine d’uranium à Faléa ». Il y a aussi d’autres intérêts stratégiques comme  le projet à long terme nommé « Désertec », un projet géant de centrales solaires et éoliennes. C’est un enjeu immense dans la guerre économique avec les groupes asiatiques et américains, c’est-à-dire dans la guerre pour s’emparer des ressources de la planète

La mise sous tutelle du Mali est une opération de brigandage. Le Mali est un otage des pays impérialistes. Pas seulement des impérialistes français mais aussi des USA qui vont installer des bases de lancement de drones au Mali, via le projet Africom, après ceux déjà installés en Ouganda, en Ethiopie et à Djibouti et des forces de surveillance aériennes US basées en Mauritanie. Transformer le Sahel en « sanctuaire terroriste » permet de légitimer des buts stratégiques planifiés.

Les impérialistes prétendent mener partout des « guerres contre le terrorisme » qui sont en réalité des prétextes rêvés pour contrôler des ressources et des Etats fantoches. Là où le chaos n’existe pas, ils lui donnent vie comme en Libye et en Syrie. Pour contrôler des ressources, détruire la résistance des peuples opprimés, installer leurs bases militaires et contrecarrer les appétits des autres pays impérialistes. Notre devoir ici est de dénoncer sans relâche le maintien des pays africains dans un statut de soumission. Notre devoir est de démasquer la soi-disant « guerre contre l’islamisme » qui aboutit à détruire la vie sociale des peuples là-bas, loin de la Métropole, et qui alimente ici une psychose raciste « décomplexée ».  
 
NON A LA MISE SOUS TUTELLE DU MALI!

A BAS L’IMPERIALISME FRANÇAIS !

UN PEUPLE QUI EN OPPRIME UN AUTRE NE SERAIT ETRE LIBRE !
 
Comité Anti-Impérialiste (13 janvier 2013)
 


[1] La biographie du lieutenant Boiteux diffusée par l'armée de terre confirme pour la première fois de manière officielle la présence, depuis 2010, de militaires français des opérations spéciales en Mauritanie et au Burkina Faso
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Published by anti-imperialiste - dans Impérialisme BBR
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