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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 17:54

Local ps GIA

 

TAUBIRA A NANTERRE

L’UNEF, CHIEN DE GARDE DU GOUVERNEMENT ET DE LA « DEUXIEME DROITE »

 

L’Unef a organisé une conférence avec Mme Christiane Taubira et le Génépi à l’université de Nanterre ce jeudi 31 octobre 2013. L’Unef a décidé de  filtrer l’accès à l’amphithéâtre B1 où se déroulait la conférence. Dans les faits,  l’Unef  a décidé d’interdire l’entrée à des militants de l’AGEN (Association Générale des Etudiants de Nanterre), du Comité Anti-Impérialiste et du mouvement antifasciste parisien. Ce faisant, 500 étudiants ont du même coup été recalés et n’ont pu assister aux interventions et aux débats. Cette décision a alors entraîné des bousculades et une intervention scandaleuse (bien qu’habituelle avec l'Unef)  de la Police Nationale et des Vigiles qui ont utilisé des gaz lacrymogènes. Une Ministre, la Police, les Vigiles, l’Unef, chacun est ici dans son rôle : celui de la censure et de l’ordre établi.  Cette décision de censure politique peut sembler toutefois assez étrange (seuls 50 personnes assistaient à la conférence dans un grand amphi quasi-vide). Mais on comprend mieux cette décision quand on sait qu'elle est liée à une peur-panique, la peur de voir un autre point de vue s’exprimer sur la justice, sur l’Etat et sur le gouvernement, la peur que soit entendu un autre son de cloche que celui qui résonne dans les médias. Un point de vue qui ne serait plus celui d’une droite patronale, raciste et « décomplexée » mais celui qui défend les combats pour l’émancipation sociale et contre le capitalisme triomphant, et pour de façon explicite celui des partisans du communisme. Derrière les écrans de fumée médiatiques, nous voulons rappeler en toute clarté que la véritable opposition est effectivement celle qui existe entre d’une part les partisans zélés de la démocratie capitaliste et d'autre part les partisans du pouvoir des masses populaires, c’est-à-dire les partisans du socialisme dans son sens révolutionnaire. Bref, l'Unef voulait protéger la Ministre non des vociférations de droite mais des voix de militants révolutionnaires.    
  
Que voulions-nous dire dans cette conférence ?
 
D’abord démystifier une icône de la bourgeoisie de gauche. Mme  Christiane Taubira est une Ministre de la Justice qui sur la scène du théâtre politique est soit adulée soit détestée. Elle est présentée partout comme la caution de gauche du gouvernement actuel. Son nom est associé à la loi sur la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité. Mais aussi à l’autorisation du mariage pour un couple du même sexe. Et désormais à un projet de loi qui supprimerait les peines planchers et qui favoriserait l’alternative à la prison. La droite haineuse et revancharde conspue ce projet comme préparant une loi pro-délinquants bien que le projet soit reporté et vidé de ses mesures « progressistes ». Certaines des franges de la bourgeoisie de droite (Le FN à Rethel ou les arriérés de la « manif pour tous ») s’en donnent actuellement à cœur joie dans l’ignominie et la sous-humanisation d’une ministre parce qu’elle a la peau noire. Ces mouvements donnent un visage au racisme ordinaire construit par le colonialisme français et prolongé par les persécutions envers les immigrés et leurs enfants.  Ces groupes refusent  en fait qu’on reconnaisse comme faisant partie de  leur caste une enfant de la colonisation. Les députés de gauche, quant à eux, « défendent » Mme Taubira en prenant la pose antiraciste alors même qu’ils applaudissaient il y a peu les discours de Valls sur les Roms et leur « vocation » à être expulsés. Bref, toute la scène politique, dans son soutien comme dans son rejet viscéral,  peaufine l’image de Mme Taubira comme une sorte de sainte de gauche, pétrie de valeurs humanistes, oratrice brillante citant à l’envi les poètes de la négritude pour clouer le bec aux indignités des députés de droite. Mme Taubira serait une garante des « valeurs progressistes » qui fait contrepoids à Manuel Valls, le Ministre de la Police et des Expulsions. Mais justement, nous sommes venus au débat sur le projet de réforme pénale pour rappeler  le  rôle de Mme Taubira qui fait office de prétexte progressiste au sein d’un gouvernement réactionnaire. Il s’agit de démasquer l’image faussée et hagiographique que tous se complaisent à diffuser. Car cette image est avant tout une imposture. Nul ne peut être progressiste et faire partie d’un gouvernement qui gère la crise du capitalisme en écrasant les masses populaires. La ministre des Tribunaux et des Prisons n’est que l’autre face humanisée du Ministre de la Police. Mme Taubira n’est qu’une haute figure de la bourgeoisie de gauche. Or, la bourgeoisie de gauche au gouvernement c'est la deuxième droite et dans tous les cas c’est l’ennemi des masses populaires. C’est cette gauche qui ne sert pas les masses populaires mais qui depuis des décennies s’est mise au service des intérêts du capital. C’est celle de l’unité nationale, des massacres coloniaux et des guerres de rapine actuelles. C’est la gauche qui admire Mitterand, championne de la rigueur et de la construction de l’Europe impérialiste, c’est la gauche qui a dit que l’extrême-droite posait les bonnes questions, la gauche qui persécute et qui expulse plus de travailleurs immigrés que la droite, la gauche qui a tué Eloi Machoro en Kanaky et tant d’autres combattants pour la liberté des peuples.
 
Ensuite et surtout nous voulions  poser des questions précises à Mme Taubira concernant son prétendu soutien aux peuples opprimés :
 
Comment peut-on prétendre être anticolonialiste lorsque que ses propres services demandent le maintien de Georges Ibrahim Abdallah en détention ? Georges Ibrahim Abdallah est devenu le plus ancien prisonnier politique en France avec une détention qui dépasse en années celle de Nelson Mandela. Ce combattant de la cause palestinienne et libanaise est en prison en France depuis 30 ans pour une accusation de complicité dans des faits d’armes qui remontent à la guerre du Liban de 1982, c’est-à-dire à l’invasion de son pays par « Israël ». Libérable légalement  depuis maintenant 14 ans, il reste en détention à cause des appels du Parquet devenus systématiques après chaque décision de justice en faveur de sa libération.
 
Comment peut-on prétendre user à tous bouts de champ des citations d’Aimé Césaire, l’auteur du limpide Discours sur le colonialisme et pourchasser les personnes qui en France participent à la campagne BDS qui consiste à boycotter les produits issus de la colonisation de la Palestine ? Partout en France, des procès se multiplient pour criminaliser cette campagne appelée par  171 organisations palestiniennes. Or ces procès sont l’œuvre du gouvernement (depuis une circulaire idoine de l’ancienne ministre Alliot-Marie, jamais remise en cause depuis) et d’organisations qui soutiennent inconditionnellement le sionisme et les œuvres criminelles de la colonisation.
 
Comment prétendre être anti-colonialistes et être un des rouages de la répression dans les dernières colonies françaises ?  Comme en Guadeloupe où les militants du LKP essuient une répression continue et des procès en cascade loin de tout relai médiatique.
 
On comprend que ces questions gênent le syndicat étudiant officiel et le troisième personnage du gouvernement. Ces questions ce sont aussi nos combats.
 
Association générale des Etudiants de Nanterre
Comité Anti-Impérialiste
 

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Published by anti-imperialiste - dans Manifestation
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