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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 21:24

 

 

l'impérialisme 3guerres 1..

Mali ou Syrie:

deux cibles de l’impérialisme français

 

 

Le point de vue du Comite Anti- Impérialiste  (26 novembre 2012)

 

 

Depuis quelques mois, les bruits de bottes se font de plus en plus assourdissants au Proche et Moyen-Orient. En parallèle, dans les métropoles impérialistes, la propagande guerrière, relayée par des médias et des intellectuels aux ordres, s’active pour désigner à l’opinion publique « l’ennemi extérieur » à abattre et s’acharne à faire admettre la «légitimité » ou «la nécessité » de ces guerres. Mais, dans ce concert quasi hystérique où règne un unanimisme sans partage « l’ennemi intérieur » n’est jamais bien loin. En effet, toute voix discordante, sera selon le cas,  soit ignorée, soit disqualifiée comme étrangère « aux valeurs de la démocratie ».C’est donc contre cet unanimisme ambiant que nous estimons nécessaire d’organiser  un meeting par le rappel de quelques vérités : Dénoncer, aujourd’hui, la guerre programmée contre la Syrie ne fait pas des anti-impérialistes des partisans  d’El Assad père ou d’El Assad fils. De même, s’opposer demain à l’occupation du Mali ne nous fera pas passer pour des  sympathisants d’un quelconque courant djihadiste qui pullule dans la région. Par conséquent, faisons fi de l’intimidation et osons aller à contre-courant pour expliquer aux masses populaires de notre pays les vrais objectifs de ces guerres et les raisons de notre opposition. Aussi, qu’il ne soit  pas dit à propos de ce meeting, qu’il était organisé par des altermondialistes « attardés », ou par des pacifistes « bêlants », ou encore par des adeptes d’une quelconque « troisième voie ».Bien au contraire, nous l’affirmons haut et fort: c’est parce que  nous sommes des communistes animés par l’Internationalisme Prolétarien que nous nous opposons fermement à ces guerres impérialistes. Nous affirmons que nous sommes les amis indéfectibles des peuples et surtout de ceux qui résistent et luttent pour leur libération sociale et nationale. En même temps, nous sommes de farouches ennemis des impérialistes et avant tout de notre propre impérialisme, l’impérialisme français.

 

 Pourquoi doivent-ils détruire la Syrie  ?

  

Initiés en Tunisie et en Egypte fin 2010, les soulèvements populaires font  tâche d’huile  et se propagent dans plusieurs autres pays du Monde Arabe. D’abord surpris, les bailleurs de fonds politico-économiques de ces régimes réactionnaires vont très vite réajuster leurs tactiques afin d’endiguer cette lame de fond et empêcher des transformations plus radicales qui remettraient en cause  leurs influences et leurs intérêts bien établis dans ces pays. Si la chute de Ben Ali et de sa clique laissait encore apparaître des conflits d’intérêt entre la France et l’oncle Sam, celle de Moubarak confirme que l’impérialisme US a bien repris la main pour imprimer une nouvelle ligne de conduite à ses concurrents. La guerre de destruction de la Libye , menée sous l’égide de l’OTAN démontrera avec éclat cette nouvelle tournure. Des réajustements tactiques furent donc rendus nécessaires afin d’adapter l’ancienne Doctrine US définie par les stratèges étasuniens à la fin du siècle dernier pour la région ; et vulgarisée sous le vocable  « le grand Moyen Orient et le grand Maghreb ». Désormais, on ne parlera plus « d’Etats voyous » à punir, ni de «  terroristes » à extirper. Mais, on assurera que l’influence de l’oncle Sam se déploiera sous la bannière de la Démocratie et des Droits de l’Homme. Dans les pires des cas, on corrigera collectivement les Etats récalcitrants ou les tyrans rétifs par le seul usage de la force armée internationale. Et, pour apparaître comme adeptes des aspirations des peuples à la liberté on se doit bien d’ordonner un nettoyage des écuries. Ainsi, les dictatures « ancienne mouture » furent débarquées et les quelques tyrans sanguinaires encore amis sommés de réaliser les reformes de circonstances. 

 

Par ailleurs, de nouvelles forces politiques à l’assise populaire plus large, seront enrôlées et formatées pour pouvoir faire face aux nouvelles règles de jeux démocratiques, déclarées enfin recevables pour le Monde Arabe. Les premiers tests électoraux en Tunisie et en Egypte qui porteront au pouvoir des Islamistes pro-capitalistes et pro-américains semblent confirmer la réussite de cette nouvelle tactique étasunienne. Mais, l’approfondissement de la crise générale du capitalisme fait apparaître, rapidement, les premiers couacs dans cette nouvelle mixture de ce qu'on nomme mondialisation. En effet, comme l’indiquait Lénine dès 1916, l’impérialisme qui est le stade suprême (dans le sens ultime) du capitalisme ne peut conduire qu’aux crises du système débouchant, à intervalles réguliers,  sur des conflits inter- impérialistes armés. Dans ce contexte, si le groupe impérialiste USA/UE/Japon semble former un bloc compact dans la compétition mondiale, un autre bloc émergeant dirigé par l’impérialisme russe et chinois leur dispute, de plus en plus,  la direction du monde.

 

Déjà, dans son ouvrage « l'impérialisme stade suprême du capitalisme », ainsi que dans d’autres écrits,  Lénine insistait sur les conséquences de ces « contradictions inter-impérialistes » par rapport à l’avenir des Révolutions Prolétariennes et plus généralement sur la cause d’émancipation des peuples. En effet, la collision de ces groupes et en même temps leurs contradictions réciproques sont à l’origine des guerres de rapine qu’ils fomentent constamment à des fins de partage et de repartage du globe et de ses richesses. Ainsi donc, ces contradictions inter-impérialistes constituent l’une des clefs qui permet de comprendre les évènements en cours en Syrie. Et surtout, de saisir pourquoi le bloc USA/UE ne se contentera pas de la chute du régime baathiste mais poussera son avantage jusqu’à la destruction de la Syrie en tant que pays. En effet, située dans une région hautement stratégique et riche en ressources naturelles, occupant une place centrale dans une Nation Arabe opprimée, la Syrie berceau d’une civilisation plusieurs fois millénaire est chargée de symboles historiques explosifs. Longtemps siège du pouvoir central de l’empire arabo-musulman, plusieurs fois défaite et dépecée par les puissances colonialistes. Enfin, indépendante, mais ne se contentant pas du rôle de subalterne qui lui a été alloué par les accords Sykes-Picot ; elle sera, avec le nassérisme et le baathisme au centre de plusieurs projets de réunification de la Nation Arabe. Rendue coupable, pendant la « guerre froide », d’alliance avec le social-impérialisme soviétique, la Syrie est le prototype de ce que détestent, à la fois, les stratèges guerriers étasuniens et les doctrinaires belliqueux de l’ex pays colonisateur (c'est-à-dire la France). Toutefois, vous l’avez bien compris, les guerres n’ayant jamais pour cause les bons ou les mauvais sentiments, la Syrie, en dehors des raisons internes, est aujourd’hui menacée de destruction pour trois raisons essentielles.

 

 1/ Sur le plan international et aux yeux des impérialistes franco- américains, elle s’est rendue coupable de nouer des alliances stratégiques avec l’ennemi (c’est à dire avec les nouveaux impérialistes russes et chinois). Dernier défi en date, le projet conclu le 21 juin 2011, prévoyant la construction d’un gazoduc/ Iran-Irak-Syrie pour l’acheminement du gaz iranien vers l’Europe (via la Méditerranée) est vécu par les USA comme un affront. De fait, ce gazoduc est en concurrence directe avec le projet étasunien connu sous le nom de Nabucco et il profiterait en dernier ressort au géant russe Gazprom..

 

2/ Sur le plan régional, son alliance avec l’Iran et le Hizbollah libanais constitue une menace directe à l’existence de l’entité sioniste comme base d’appui avancée et comme force régionale pro-américaine.

 

3/ Enfin, Ses colossales ressources de gaz (le carburant du futur) font saliver tous les brigands impérialistes. 

 

Voilà, ce qui explique l’ampleur des enjeux pour les impérialistes. Mais, après avoir espéré une chute rapide du régime, les impérialistes franco- américains, fer de lance des actuelles menées guerrières, semblent prendre la mesure de l’efficacité du soutien diplomatique et militaire  accordé par les impérialistes russo-chinois au régime de Bachar. Désormais, ils sont condamnés à soutenir, par tous les moyens, une guerre d’usure interne entre une Armée haie du Peuple mais qui constitue encore la colonne vertébrale du régime et une « rébellion armée » coupée du peuple syrien et étrangère à ses aspirations d’émancipation.

 

Pour conclure sur la question Syrienne, nous insistons sur les faits suivants : si les révoltes populaires des premiers mois étaient, comme dans les autres pays Arabes, emprunt de spontanéisme et trouvaient leurs causes dans l’appauvrissement des masses et dans le manque de liberté, très rapidement, l’intervention étrangère massive tendant à implanter de l’extérieur une rébellion islamiste armée, va participer à l’écrasement par le régime réactionnaire des premières organisations autonomes des masses. Par la suite, toutes les tentatives de fédérer les groupes dits combattants et de les faire représenter dans une instance politique unique (comme la CNT en Libye) échoueront. Dernière en date, lors de la dernière réunion de Doha et sous l’initiative des USA, le CNS (dit aussi le conseil d’Istanbul) fut remplacé par le CNFOR (conseil nationale des forces de l’opposition). Mais, tout indique que cette nouvelle instance téléguidée de l’étranger ne recueillera pas davantage de sympathie populaire que celles qui l’ont précédée.

 

 

Il n’y a pas de bonnes raisons de soutenir une guerre impérialiste !

A bas l’impérialisme français !

Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, Unissez-vous !

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Published by anti-imperialiste - dans Meeting
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